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Voici
une histoire, écrite après la rencontre d'une fée.
Je
dois dire que sans cette rencontre, je n'aurais jamais pu écrite
des choses de ce genre.
Perceval,
chevalier perpétuellement en quête, pour vous servir.
L'aventure
Ce
jour là, le chevalier avait laissé son cheval le mener.
Lui était trop las, de sa longue quête, pour pouvoir
prendre une décision quelconque. Même choisir son chemin
était impossible tant sa tête était vidée
de toute pensée. Ses yeux reflétaient l'état
de son âme, comme absent a la vie. Il n'avait plus de passé,
il n'avait pas d'avenir, ne restait que le présent mais même
cela semblait trop lourd à porter. L'homme eut un bref sursaut,
bien longtemps après que son cheval se fut arrêté.
Avait-il seulement remarqué qu'il en était descendu
et qu'il avait continué à marcher, sans but, juste
parce
qu'il
faut ?
Comme
en symbiose parfaite, leurs démarches étaient identiques.
Chaque pas traînait. Cela ne reflétait aucune volonté
d'avancer, mais juste un réflexe. Harassés par les
efforts et les épreuves, ils avaient l'air d'avoir vieilli
prématurément.
Bien
plus tard, un deuxième sursaut lui redonna un peu de conscience.
Cette fois ci, c'était lui qui s'était arrêté
depuis bien longtemps. Il se trouvait devant une clairière.
Il n'avait pas vu s'éloigner le dernier village, ni finir
les champs cultivés, ni apparaître les premiers arbres.
Il n'avait pas vu non plus ceux ci devenir de plus en plus nombreux,
jusqu'à former une forêt. Il n'avait pas fait attention
au soleil se couchant pour laisser place à la nuit. Sa mémoire
avait été comme occultée depuis ces derniers
jours, jusqu'à
cet
instant. Lentement, il regarda autour de lui.
Une
légère brume planait, donnant une teinte irréelle
à tout. La lune semblait flotter grâce à un
charme magique oublié depuis longtemps. Il se dégageait
de la clairière une sensation de calme et de repos dont notre
chevalier avait bien besoin. C'est cela qu'il avait ressenti au
fond de lui, provoquant par la même son éveil. Pour
la première fois depuis longtemps, il décida de ses
actes. D'abord soulager son cheval. L'herbe était abondante
dans cette clairière et l'animal trouverait de quoi se nourrir.
La température était agréable mais le chevalier
décida d'allumer un feu, pas pour avoir chaud mais surtout
pour le réconfort que la vue d'une flamme apporte à
l'esprit. Puis il s'allongea sans manger car c'était bien
là que ses dernières forces avaient leur limite.
Il
s'endormit, profitant au maximum de cet instant de répit.
Au milieu de la nuit, il se réveilla brusquement, il avait
entendu une sorte de murmure. Avait-il rêvé? Le noir
complet et le silence répondirent à sa question muette.
Quelque chose bougea au milieu
de
la brume. Mais non! Sûrement était-il encore trop tendu!
Pourtant après quelques minutes, de nouveau il entendit un
chant. En ouvrant les yeux il crut voir une lueur. Non,
non,
la fatigue le faisait divaguer! Un peu de temps passa encore, et
encore il entendit ce chant, mais ce coup ci, il en était
sûr, il y avait quelque chose car il distingua cette lueur!
Elle était là, virevoltant à la manière
d'un enfant qui s'amuse. Mais rêvait-il? Il voyait maintenant
très distinctement une multitude de petites lueurs semblables,
montant, descendant, tournoyant, dansant une danse connue d'elles
seules, jouant une musique mélodieuse reprise par des milliers
de petites voix.
Qu'est
ce que cela pouvait bien être? Il y en avait de plus en plus.
Elles étaient partout illuminant la brume. Les alentours
baignaient dans une étrange beauté accompagnée
d'une musique d'ange. Celle ci et la lueur étrange lui confirmèrent
qu'il rêvait, alors il se
dit:
" Bon autant profiter du spectacle! Un rêve pareil ne
me reposera que mieux". Il s'abandonna à la féerie
des milliers de lueurs dansant au milieu de cette clairière
perdue. Cela dura longtemps, puis il entendit une douce voix de
femme, très chantante et cristalline, lui murmurer à
l'oreille:
"Belle
nuit de magie, n'est ce pas? Chevalier au coeur pur".
Il
se leva d'un bond, se jeta sur son épée et écarquilla
les yeux, car il ne vit rien !
Qu'était
ce donc que cette magie? La même voix reprit:
"Laisse
ton épée, Chevalier, tu ne risques rien ici."
Pas
très rassuré, il garda la main sur le pommeau et regardant
du mieux qu'il pouvait demanda :
"Qui
donc es-tu? Où te caches-tu? S'il est vrai que je ne risque
rien, montre toi a moi!"
Un
joli rire se fit entendre!
"Tu
ne peux me voir, Chevalier, du moins pas encore!
-
Pourrais-tu m'expliquer quelle est cette magie? dit-il.
-
Bien entendu, mais tu peux te rasseoir et écouter, je te
l'ai déjà dit, ce soir tu ne risques rien car tu es
en présence d'une Fée!"
Il
sentit une vague de bien-être se répandre en lui, mais
le doute subsistait:
"Pourquoi
ne puis-je te voir, Dame Fée?
-
Je suis capable de lire dans ton coeur, mon ami, répondit-elle,
et je vois ta recherche de la pureté. Si tu peux m'entendre
et non me voir, c'est que tu te rapproches du but, mais que tu n'y
es pas encore. Tu y arriveras, et à ce moment là,
tu pourras revenir et me voir, si tu le désires encore".
Elle rajouta: "Au point où tu es arrivé de ta
quête, Chevalier, tu dois savoir reconnaître la magie.
Demande donc à ton cœur de te montrer la beauté de
ce qui t'entoure!"
Il
pensa à toutes ces lueurs et la voix de la Fée reprit
en riant: "Voilà! Tu vois que tu sais!" Le rire
envahit son âme tout entière et il se sentit submergé
de bonheur, ce qui fit
rire
la Fée de plus belle.
En
lisant au fond de son propre coeur, il s'était aperçu
qu'elle disait vrai. Elle était bien une Fée et d'un
coup, toute son appréhension disparut. Il abandonna son épée
et se rassit auprès du feu. Il était étonné
et très heureux d'avoir rencontré une Fée.
Il savait que cet évènement était très
rare et il voulut la remercier de s'être dévoilé
à lui mais elle prit la parole avant lui :
"Tu
n'as pas besoin de me remercier, Chevalier au cœur pur.
J'ai
lu dans ton cœur et je sais que tu ne dévoileras pas ma présence
à ceux qui ne le méritent pas. J'ai confiance en toi
et je sais qu'un jour, nous nous retrouverons et que ce jour là,
tu pourras me voir.
-
Le son de ta voix est enchanteur, ma Dame Fée, lui dit-il,
et même si je ne puis te voir, je sens ta beauté. Voudrais-tu
me dire qui es-tu et comment l'on t'appelle?
-
Voilà que le Chevalier devient entreprenant! dit-elle d'un
ton joueur. Tu peux le savoir car j'ai déjà accepté
notre rencontre.
Je
suis la Fée des bois et des forêts. On me nomme Oréa.
Je
ne me révèle qu'à ceux qui ont le pouvoir de
savoir rêver et d'aimer la nature. J'ai vu cela dans ton cœur
et je sais ton chemin et tes épreuves pour arriver jusqu'ici.
Voilà pourquoi j'ai décidé de t'aider un peu
et de me dévoiler à toi.
-
Une Fée est sûrement plus au courant que moi de ce
qu'est la pureté, Petite Fée, mais comment pourrais-tu
m'aider? demanda-t-il.
-
Je vais t'apprendre à écouter ton coeur, Chevalier.
Tu vois la magie de cette clairière, mais tu ne sais pas
écouter ce que te dit ton cœur".
Il
demanda alors:
"Que
sont toutes ces lumières?
-
Chacune d'entre elles représente un voeu, dit-elle. Si tu
peux les attraper, elles réaliseront autant de souhaits que
tu auras de lumières!"
Il
réfléchit, puis demanda:
"Ne
peux-tu point m'aider, Petite Fée?
-
Désolé, gentil Chevalier, un voeu est unique, et n'est
attribué qu'à une seule personne, je ne dois pas t'aider
même si j'en ai envie. C'est à toi, et à toi
seul, de le faire pour que ton vœu t'appartienne".
C'était
logique au fond, mais cela ne lui disait pas comment arriver à
attraper ces lueurs.
Il
s'avança vers le centre de la clairière, là
où la lumière était la plus intense. Il y en
avait partout et quand il s'approcha, elles formèrent comme
une bulle tout autour de lui.
Pourtant,
elles ne semblaient pas farouches car il arrivait à en toucher.
Elles s'échappaient toujours pourtant, laissant une légère
brûlure comme pour dire :
"Pour
nous avoir, il faut le mériter.
"
Ce n'était évidemment pas la bonne méthode
que d'essayer de les attraper de force.
En
pensant cela, il ressentit le contentement de la Fée. Il
valait mieux apprivoiser les
vœux,
se dit-il. Un sentiment de bonheur de nouveau au fond son cœur,
lui fit savoir que
la
Fée aimait son raisonnement. Il regarda attentivement une
lueur en particulier qui semblait immobile au milieu de la danse
féerique. Peut être était ce là, la solution?
Pourquoi
cette lueur là avait-elle attiré son regard? Il devait
comprendre! La lueur était là, sans bouger, juste
pour qu'il puisse savoir de quoi elle était faite. De cela,
il en était sûr. Alors il observa bien, et vit une
toute petite flamme très intense. Elle était faite
de feu! Quelle curiosité que ces lueurs là? Comment
attraper et garder du feu ?
Une
pensée lui vint et il se dirigea vers le feu de camp qu'il
avait allumé plus tôt. Il prit un tison et allait repartir
lorsqu'il ressentit une vague de désespoir l'envahir. Son
cœur lui parlait à nouveau. Il commençait à
apprendre à l'écouter et faisait confiance à
ce qu'il ressentait. Mais pourquoi donc ressentait-il de la peur?
Les petites lueurs avaient peur des grands feux de bois?
Evidemment,
elles vivent dans la forêt et n'aiment sûrement pas
lorsque le bois brûle mais alors, que devait-il utiliser?
Une idée jaillit et il se précipita vers son baluchon,
éparpilla ses affaires et ressortit une bougie qu'il alluma
aussitôt. Il faillit être terrassé par l'explosion
de joie qu'il ressentit à ce moment là. Il avait la
solution! Doucement, pour ne pas éteindre la flamme chancelante
de la bougie il se dirigea à nouveau vers le centre de la
clairière et se rapprocha d'une petite lueur. Celle ci ralentit
sa course frénétique et vint juste devant la bougie.
Elle ne bougea plus.
Allons
bon! Voila que ce n'était pas encore la bonne méthode?
Que manquait-il? Il se concentra sur ce que lui disait son cœur
mais il n'entendit rien. Il demanda mentalement
et
du fond du cœur à la petite lueur qui attendait devant lui:
"Petit
souhait, je te demande humblement d'accepter de venir à moi."
Et
la petite lueur entra dans la flamme de la bougie. Elle avait répondu
à son appel du
cœur.
C'était donc cela! Elles savaient aussi lire dans les coeurs
et elles devaient accepter d'abandonner leur liberté pour
habiter dans une flamme de bougie.
Il
recommença la manoeuvre avec une autre lueur et voilà
qu'elle aussi vint dans la flamme qui, lui semblait-il devint plus
lumineuse et plus grosse. Puis il recommença encore, et le
même phénomène se répéta. Il continua,
encore et encore, jusqu'à ce que
la
bougie devint toute petite, puis revint s'asseoir près de
son feu. Il avait apprivoisé 2001 petites lueurs! Il disposait
de 2001 vœux mais ne savait pas comment les conserver! Si la bougie
s'éteignait, tout était perdu!
Que
faire? Il ressentit une attente. La Fée surveillait ce qu'il
allait faire, il en était sûr! Que pouvait-il faire,
lui, le Chevalier en quête de pureté, avec 2001 vœux?
Il
se dit qu'en fait, il n'avait besoin de rien. Il ne pouvait pas
demander la pureté du
cœur
en faisant un vœu car il savait que pour cela, c'est le chemin qui
est le plus important, et non pas le but. Il devait suivre son chemin
jusqu'au bout et ne pas s'épargner les peines et les expériences.
Alors quoi faire de tous ces voeux?
La
Fée semblait heureuse. Il le savait.
Il
ne la voyait toujours pas mais il la ressentait au fond de lui très
fort.
Il
se dit: "Je vais utiliser ce vœu, non pour moi car ce que je
désire ne peut s'acquérir de cette manière,
mais pour une personne qui l'aura mérité."
Il
prit la bougie et voilà ce qu'il dit: "Lueurs qui êtes
dans cette bougie, écoutez moi et exaucez mon seul et unique
vœu. Je désire vous rendre la liberté, mais, comme
je le sais maintenant, le temps n'est rien pour vous, alors, après
ma demande, il restera 2000 vœux à exaucer. Je voudrais que
vous soyez de nouveau là en l'année 2000, et que vous
recherchiez une personne qui est nymphe des bois et des forêts,
elle devra se prénommer Oréa. Si cette personne existe
et qu'elle mérite de porter ce nom vous devrez alors vous
révéler à elle le jour de son anniversaire.
Et exaucer tous ses vœux chaque fois qu'elle allumera une bougie,
jusqu'au compte de 2000 que vous me devez. Acceptez-vous cette tâche?"
Un
tourbillon de lumière s'échappa de la flamme de la
bougie, s'éleva au-dessus de la clairière, et une
voix dit: "Nous, les Vœux de la nature, nous nous engageons
à exaucer ton unique vœu, Chevalier, car ton cœur est pur
et que ce vœu nous apportera un réel plaisir à exaucer.
Nous te remercions de l'avoir formulé et, nous te souhaitons
de réussir dans ta quête". Après ces mots,
le tourbillon partit se mélanger au reste des lueurs.
Un
sentiment mêlé de joie et de fierté l'envahit.
Il sentit le regard de la Fée sur lui:
"T'ai-je
déçue, Petite Fée?
-
Point du tout, Chevalier, c'était le plus beau des souhaits
que j'ai entendu. Tu mérites bien que je me montre à
toi et j'attendrai ici que tu reviennes, après ta quête,
pour que tu puisses me voir et que je t'emmène visiter les
lieux magiques de cette forêt. Mais pour le moment, je sens
ta fatigue, alors repose-toi en paix cette nuit.
Il
ne t'arrivera rien, je veillerai sur ton sommeil".
A
ces mots, il sentit de nouveau la fatigue qui, en fait, ne l'avait
jamais quittée, et il lui sembla voir les étoiles
se rapprocher pour veiller sur ses rêves.
Une
poussière luisante s'échappa de chacune d'entre elles
et il s'endormit.
Le
lendemain matin, il ne restait rien des évènements
de la nuit. Les lueurs avaient disparues, et la brume aussi. Une
belle journée s'annonçait et il se sentait terriblement
frais et dispos. Cette nuit lui avait fait le plus grand bien mais,
ce qu'il avait vécu était-il rêvé ou
réalité? Pour le savoir, il devra revenir dans cette
clairière dès qu'il aura atteint son but.
Il
ralluma le feu, se prépara un bon petit déjeuner -
chose qu'il n'avait pas fait depuis plusieurs jours -, rassembla
ses affaires et les mit sur son cheval.
Celui
ci semblait aussi avoir bien récupéré. Le chevalier
monta, pris les rênes, avança au pas jusqu'à
l'orée du bois, jeta un regard en arrière et demanda
à son cœur:
"Oréa,
rêve ou réalité, je reviendrai bientôt,
j'espère te voir enfin ce jour là, seras-tu là?"
Il
donna des talons et le cheval partit au galop. Le chevalier avait
le sourire sur son visage, sa quête l'appelait et il avait
de nouveau l'ardeur et le désir d'y arriver.
Son
cœur lui avait répondu.
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